Tout le monde aime la Soul Food

Tout le monde aime la Soul Food

Même si l’école est finie pour l’été, je pense que c’est le moment idéal pour faire le point sur une cuisine largement incomprise et malmenée. Voici neuf choses que vous devez savoir sur la cuisine de l’âme.

1. Qu’est-ce que le soul food ?
Bien que le terme « soul food » soit devenu un raccourci pour toute la cuisine afro-américaine, il ne s’agit en réalité que d’un aspect de celle-ci. La soul food est la cuisine des régions enclavées du Sud profond que des millions d’Afro-Américains ont laissé derrière eux lorsqu’ils se sont déplacés vers le Nord, le Midwest et l’Ouest au cours de la « Grande migration » (des années 1910 aux années 1970). La soul food est une cuisine d’immigrants qui fusionne les traditions culinaires de l’Afrique de l’Ouest, de l’Europe occidentale et des Amériques. Bien qu’elles partagent un héritage africain, la cuisine créole de Louisiane et la cuisine lowcountry de la côte de Géorgie et de Caroline du Sud sont différentes.

2. D’où vient le terme « soul food » ?
La sagesse conventionnelle veut que le terme « soul food » ait été inventé dans les années 1960, à une époque où l’identité et l’expression culturelles des Noirs étaient fortes. Cependant, le terme circulait dans la culture afro-américaine depuis les années 1950. La « soul » a d’abord été associée au son gospel qui devenait de plus en plus prononcé dans la musique de jazz. L’adjectif « soul » s’est avéré si populaire qu’il a rapidement été appliqué à presque tous les aspects de la culture noire. Il a d’abord été question de « musique soul », puis de « frère soul », de « sœur soul » et enfin de « nourriture soul ».

3. Qu’est-ce qu’un repas typique de soul food ?
Un repas typique de soul food comprend

Accompagnements : pois à œil noir, ignames confites (patates douces à chair foncée), macaroni au fromage et légumes à l’étuvée (chou, chou cavalier, chou frisé, moutarde ou navet) ;
Entrée : poulet (frit ou étouffé), poisson frit ou porc (côtelette étouffée ou  » chitlins « , qui sont des intestins de porc) ;
Pain de maïs (un muffin, une tranche, un carré) ;
Boisson : une boisson de couleur rouge (appelée simplement « boisson rouge ») ;
Dessert : pudding aux bananes, cobbler aux pêches, quatre-quarts ou tarte aux patates douces.
Collard Greens à la mode

« Si vous aimez les légumes verts, vous allez adorer cette recette. Le bacon et les oignons leur donnent une merveilleuse saveur. Ajoutez du poivre rouge pour un peu plus de piquant. » -Ken Adams, auteur de la recette.

« Cette recette m’a été communiquée par un ami spécial d’Atlanta, en Géorgie. Elle est depuis longtemps l’une de mes préférées, et tous ceux qui la goûtent disent que c’est la meilleure qu’ils aient jamais mangée.  » -Cougaar, auteur de la recette

4. Quelle est la différence entre soul food et Southern food ?
Il y a beaucoup de confusion compréhensible sur ce point, car les deux cuisines se chevauchent au niveau des ingrédients et des techniques de cuisson. La différence entre les deux cuisines se résume principalement à la performance. Les saveurs de la soul food ont tendance à être plus intenses. Elles sont généralement plus grasses, plus salées, plus épicées et plus sucrées que celles de la cuisine du Sud. Avant la tendance actuelle du « nez à la queue », la cuisine soul se distinguait par l’utilisation de viandes variées comme les jarrets de jambon, les queues de bœuf et les cous de dinde.

5. Existe-t-il différents types de soul food ?
Le soul food traditionnel a donné naissance à trois sous-cuisines. La première est la « Down Home Healthy », qui allège les choses en utilisant de la margarine ou des huiles végétales au lieu du saindoux, de la dinde fumée au lieu du porc et des substituts de sucre. La deuxième sous-cuisine, complètement opposée, est « Upscale Soul ». Elle utilise beaucoup d’ingrédients extravagants comme la graisse de canard, les légumes anciens et les viandes anciennes. La troisième, et peut-être la plus surprenante, est la soul food végétalienne. Oui, c’est ça, végétalien. On pourrait penser que « soul food végétalien » est un oxymore, mais ce n’est pas forcément le cas. Les esclaves afro-américains avaient une alimentation essentiellement végétarienne et utilisaient de petits morceaux de viande séchée, salée ou fumée pour l’assaisonnement. Le véganisme n’est pas un éloignement de la cuisine traditionnelle de l’âme, c’est plutôt un retour aux sources culinaires.

6. Pourquoi les gens critiquent-ils autant le soul food ?
Les gens « détestent » la soul food principalement pour deux raisons. Certains disent qu’il faut apposer une étiquette d’avertissement sur la nourriture soul, en raison de la croyance persistante selon laquelle vous mourrez si vous mangez régulièrement cette nourriture. Cette image est alimentée par des visions d’assiettes débordant de nourriture grasse frite et sucrée au sirop. Mais pensez à ce que les nutritionnistes nous encouragent à manger en plus grande quantité : les légumes à feuilles vertes, le poisson, les légumineuses et les patates douces. Ce sont tous des éléments constitutifs de la nourriture de l’âme. Tout dépend de la façon dont ils sont préparés : Les viandes peuvent être cuites au four plutôt que frites, et les légumes peuvent être préparés sans viande.

La deuxième critique, plus répandue au sein de la communauté afro-américaine, cours de cuisine est que la soul food ne devrait pas être célébrée parce qu’il s’agit de « nourriture d’esclave » ou de « nourriture de pauvre ». Il s’agit là aussi d’une notion erronée. La plupart des plats que nous appelons « soul food » étaient autrefois des plats de fête ou de prestige. Les cuisiniers royaux du roi Richard II et de la reine Elizabeth I faisaient des macaronis au fromage. Henri VII se gavait de tarte aux patates douces et la gentry anglaise et française se nourrissait de chitterlings (« chitlins »). Dans le Sud d’avant la guerre de Sécession, le poulet frit était un plat que l’on mangeait de temps en temps, loin d’être le plat de résistance omniprésent qu’il est aujourd’hui.